Numérique : qui définit les usages ?

19 02 2008

Avant, c’était le bon temps. Du moins pour les industriels et les majors. Ces honorables professionnels décidaient quels outils technologiques nous avions le droit d’utiliser (disques vinyles, cassettes VHS ou radio FM…) et ce que nous avions le droit de faire avec (enregistrer, copier, diffuser…). Seulement voilà, une petite révolution technique est passée par là, elle s’appelle “numérisation”, et un monstre tentaculaire a vu le jour : Internet. Aujourd’hui, les industriels continuent à inventer les outils (ADSL, Blu Ray, MP3…), certes, mais les utilisateurs font ce qu’ils veulent avec.

Thomson et l’institut Franhaufer créent le MP3 ? Paf, des rigolos s’en servent pour mélanger leurs discothèques par Internet. Les opérateurs font grimper les débits ADSL ? Bing, les séries télé américaines envahissent le Net dans le dos des chaînes françaises. Les majors du disque imposent des DRM ? Toc, les consommateurs boudent l’achat de musique et se rabattent sur de nouvelles pratiques que l’on nomme piratage. Seul Apple a réussi à formater une offre fermée mais cohérente et conviviale qui séduit le consommateur en prouvant qu’une nouvelle économie de la culture est possible. On pourrait citer encore les SMS ou les blogs dont personne n’avait prévu ni organisé le succès.

Tout cela, Laurent Michaud, spécialiste des loisirs numériques à l’Idate, avec qui je discutais hier au téléphone, le résume d’une phrase à méditer :

Avant le numérique, les industriels formataient les usages. Depuis le numérique, ce sont les usagers qui formatent les industries“.

Ecouter l’interview de Laurent Michaud concernant le Blu Ray vs la dématérialisation des contenus.


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