Les joies des DRM (encore et toujours)
24 07 2008 Musique numérique, Vie numériqueVoici une question pour MM Pascal Nègre (Universal Music) et Hervé Rosny (SNEP, Syndicat National des Editeurs de Musique) :
En ce moment, mon fils souhaite écouter de la musique uniquement sur sa console de jeu portable Nintendo DS (grace une cartouche spéciale munie d’une petite carte mémoire rapportée d’Asie par son geek de père). C’est plus “stylé”, comme il dit, que sur un baladeur…
Malheureusement, cet appareil n’est pas prévu pour cela et est incompatible avec les DRM (verrous numériques anticopie). Il faut donc exclusivement des morceaux de musique en MP3 libres de tout DRM.
Que fais-je ?
1) Je le gifle et je lui explique que la musique s’écoute uniquement sur un baladeur agréé par le gouvernement compatible PlayFor Sure de Microsoft ou AAC d’Apple ?
2) Je lui interdis d’écouter de la musique car au fond ce n’est pas très utile ?
3) Je télécharge les chansons qu’il veut sur des sites légaux et si je rencontre d’inconvenants DRM je les fais sauter sauvagement à l’aide d’un petit logiciel adéquat ?
Je vous laisse deviner l’option que j’ai choisie…
MM Nègre et Rosny me répondront que les DRM c’est de l’histoire ancienne car cela n’existe quasiment plus sur les chansons vendues à l’unité… C’est partiellement vrai (mais pas totalement).
Cette histoire n’est-elle pas révélatrice de l’incohérence qui demeure entre une vision passéiste des choses et les modes de vie numériques exotiques d’aujourd’hui ? S’il existait un vrai service de vente de musique au forfait avec téléchargement illimité sans DRM, j’y serais abonné depuis longtemps. Mais pour l’instant, les professionnels ne veulent pas en entendre parler.
Le problème c’est que mon fils est déjà en train de me demander de lui télécharger… des clips vidéos et des films pour sa DS ! Et là, point de contenu légal sans DRM.
Je vais devoir à nouveau me poser la question des gifles.
Contrairement à la version Web, cette version mobile est centrée autour du “what are you doing“, cette fonctionnalité de Facebook qui permet à tout un chacun d’indiquer en quelques mots ce qu’il est en train de faire. Résultat : je suis inondé en temps réel d’informations exclusives de première importance. Une sorte d’AFP de mes z’amis. Jugez plutôt : 


Un jour, les films sortiront simultanément au cinéma et en VOD* par Internet. C’est sûr ! Il suffira de cliquer sur sa télécommande pour recevoir instantanément n’importe quel long métrage tout beau tout neuf sur son plasma en même temps que les spectateurs en salles. Finie, la frustration d’entendre parler dans les médias de blockbusters que l’on ne voit jamais faute de temps à cause du boulot et des enfants ! Finies, les copies pourries doublées en québécois téléchargées illégalement faute de mieux… Mais quand ? Malheureusement, ce jour technologiquement béni semble encore bien loin.
Je viens de lire un article du journal “Chronic’art” consacré au livre “Les Netocrates” d’Alexander Bard et Jan Söderqvist (Ed° Léo Scheer). C’est un peu “prise de tête”, comme dirait ma cousine du Poitou (si j’avais une cousine dans le Poitou…). Jugez plutôt : “Internet est le fils naturel de Proudhon et de Bakounine” ou encore : “la Netocratie achève la réalisation historique de l’individualisme (…) et met en question les fondements (…) du capitalisme“. Tout ça pour dire, en résumé, qu’Internet change pas mal de choses dans la vie de tous les jours et qu’il y a même des communautés virtuelles et que certains adhèrent plus vite que d’autres au changement. Sans blague ? Il est certain qu’Internet n’appartient pas aux informaticiens et il est bon que les intellectuels mettent un peu de sens dans tout cela mais ce n’est peut-être pas une raison pour en faire un pataquès verbeux pseudo visionnaire, non ? Je pense à tous ces “geeks” qui bricolent leur code PHP accrochés à leur FTP sous Linux… J’ai comme l’impression que la chute du capitalisme pour cause de “réseaux sélectifs et de réputation dématérialisée” ne va pas améliorer le temps de réponse de leurs requêtes MySQL… Et sans SQL point de post-capitalisme ! Bon. Je n’ai pas encore lu ce livre soi-disant “culte” mais je m’y mets tout de suite. C’est que ça donne envie “Chronic’art” !








